Test Speedgoat 7 Hoka – Chaussures passe-partout ?

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Vous cherchez un test de la Speedgoat 7 de Hoka ? Ce test est pour vous !

Speed goat 7 hoka

Pour situer le modèle dans la gamme, la Speedgoat 7 est sans surprise l’évolution de la Speedgoat 6. C’est avec la Speedgoat 6 que j’ai découvert la gamme. J’avais d’ailleurs été invité à une présentation qui expliquait comment le modèle avait été pensé, ainsi qu’à un test de la chaussure. J’ai donc une bonne vision de la 6, mais forcément du mal à vous proposer des comparaisons avec la 4 ou la 5. Toutes mes comparaisons se feront ainsi avec la 6.

De ce que j’ai pu lire, la 6 n’avait pas été très bien accueillie. Les avis étaient plutôt mitigés, et beaucoup de gens trouvaient qu’elle avait perdu une partie de l’ADN de la Speedgoat. Moi, à l’inverse, je l’avais bien aimée. Je l’avais trouvée plutôt sympa et intéressante. Reste à voir si ceux qui aimaient la Speedgoat d’avant retrouveront leurs marques dans la 7.

De manière générale, Hoka présente la Speedgoat comme leur chaussure dynamique pour les terrains techniques. Je reprends exactement leur terme. C’est une chaussure pensée pour les milieux alpins, plus légère et plus dynamique que d’autres modèles de la gamme comme la Mafate, et taillée pour les terrains techniques où l’on a besoin d’une accroche agressive et d’un peu de précision. On verra que mes sensations ne collent pas tout à fait à ce positionnement. Mais commençons d’abord par les caractéristiques techniques.

Caractéristiques techniques des Speedgoat 7 de Hoka

    • Poids ➡️ 264 grammes en 42 homme, 317 grammes en 46 2/3.
    • Hauteur du stack avant/arrière ➡️ 37 mm / 32mm (données Hoka, certains parlent de 40-35, j’ai vraiment pas le sentiment d’avoir un 40mm de stack au talon).
    • Drop ➡️ 5 mm.
    • Mesh ➡️ Tige en textile tissé en RPET (polyester recyclé), avec empeigne « dynamic vamp » brevetée légèrement extensible. Renforts TPU minimalistes et pare-pierres à l’avant.
    • Laçage ➡️ Lacets classiques plats.
    • Semelle extérieure ➡️ Vibram Megagrip avec technologie Traction Lug. Crampons bi-directionnels de 5 mm. Dessin des crampons légèrement modifié par rapport à la Speedgoat 6. Présence de la zone évidé en milieu de semelle extérieure.
    • Semelle intermédiaire (amorti) ➡️ Mousse supercritique en EVA infusé à l’azote.
    • Largeur du chaussant ➡️ Normal. Personnellement pointure parfaite dans ma taille habituelle. Existe en version large (wide).
    • Plaque ➡️ Non, faible résistance aux torsions.
    • Autres informations ➡️ Présence d’un légère rocker. Languette avec bandes de maintien à l’intérieur. Collier de cheville assoupli. Languette de tirage au talon et détails réfléchissants.
    • Prix catalogue ➡️ 165€.

 

Les deux grandes évolutions par rapport à la Speedgoat 6

La première chose à avoir en tête, c’est qu’on a une chaussure beaucoup plus souple et plus molle que la 6. La différence se sent sur la mousse comme sur la rigidité générale. La 6 résiste bien plus à la torsion, surtout en transversal, là où la 7 ne résiste presque pas.

La deuxième évolution que j’ai vraiment notée concerne le collier. Sur la 6, j’avais tendance à être appuyé sur le bas de la malléole, ce qui devenait désagréable en dévers. C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle je n’étais pas parti avec elle sur l’Échappée Belle en 2025, où j’avais finalement choisi l’Agility Peak 5. Sur la 7, ce problème a disparu. Le collier monte moins haut à l’arrière et a été assoupli sur tout son pourtour, alors que sur la 6 seule la moitié du collier était flexible.

 

Confort

Il n’y a rien à redire, c’est une chaussure confortable, et même plus confortable que la 6. L’amorti sous le pied est plus moelleux et plus souple, avec une mousse vraiment agréable. On n’est pas sur le niveau de finition d’une S/Lab Ultra Glide 1.5, qui propose des structures moelleuses dans le chausson, mais je n’ai senti aucun point désagréable. Le mesh, pourtant assez différent de celui de la 6, ne m’a jamais posé de problème.

Speedgoat 7

Maintien et fit

C’est une chaussure assez proche du pied. J’ai le pied fin, surtout au bout, donc j’avais un peu de place, mais ceux qui ont un pied moyen seront parfaitement dedans. Avec un pied fin, c’est tout à fait utilisable en serrant bien. On est loin d’une Trabuco en termes de largeur, car on a ici quelque chose de bien plus fin. Et pour ceux qui ont besoin de volume, la version wide règle la question.

 

Stabilité

En terme de stabilité, elle est moyenne, et je l’ai même trouvée moins bonne que sur la 6. Ce n’est clairement pas son point fort. La chaussure se tord énormément et très facilement. Si vous avez l’avant du pied sur un rocher et l’arrière en dévers, elle part à droite et à gauche sans qu’on force. Sur terrain facile, ça ne se sent pas du tout et elle reste agréable à courir. Mais sur terrain technique, elle se tord tellement que ça fait beaucoup travailler le pied, alors que sur ce type de terrain on a justement besoin d’une chaussure plus rigide. Pour comparaison, une Agility Peak ou une MTL Adapt offrent bien plus de résistance à la torsion, et la 6 elle-même se tordait nettement moins. Une petite plaque carbone ou fibre de verre aurait été intéressante si l’objectif était vraiment l’alpin.

Speedgoat 7

Dynamisme

Là aussi, je suis un peu déçu par rapport à ce qui est annoncé. La mousse EVA supercritique est moelleuse et confortable, aucun souci de ce côté, mais je ne la trouve pas vraiment dynamique. Il y a peu de rebond et peu de renvoi. Si je la compare à une Kinabalu Ultra de Scott, que j’avais trouvée vraiment dynamique avec une mousse qui renvoie bien, on n’est pas du tout sur la même sensation. On a beaucoup d’amorti, mais pas de dynamisme. Le rocker la rend agréable à dérouler, mais quand je lis dynamique sur la page Hoka, mes sensations ne suivent pas. La 6, un peu plus raide, me semblait presque plus dynamique.

 

Précision

Elle est assez fine au bout et un peu souple, du coup les mouvements du pied se transmettent plutôt bien, et la mollesse de l’amorti laisse passer une certaine quantité d’informations. Malgré la torsion, on garde une précision correcte.

Speedgoat 7

Accroche & adhérence

L’accroche est correcte, mais sans plus. Ce n’est ni une grosse accroche comme sur une Agility Peak 6, ni une accroche faible comme sur une Trabuco. On est sur quelque chose de modéré. Pour beaucoup de profils, cela suffira largement. Mais sur terrain vraiment raide, instable ou glissant, là où il faut du mordant, cela peut manquer. J’ai surtout trouvé ce manque à l’avant du pied. En descente, l’arrière mord plutôt bien, sauf sur pente très raide et instable, alors qu’en montée j’ai eu un peu plus l’impression de patiner quand ça devenait raide. Malgré des crampons de 5 mm comparables à ceux de la Merrell, je pense que c’est avant tout une histoire de dessin.

L’adhérence est bonne, on a du Vibram Megagrip, et j’ai couru sous la pluie et dans la boue sans aucune surprise. Vibram reste égal à lui-même, ça adhère.

 

Durabilité

Je ne peux malheureusement pas trancher sur ce point. Certains le critiquent sur internet, mais la paire sont nickel après une centaine de kilomètres seulement. Les structures sont encore bien collées, le mesh est intact sur les deux chaussures, et les crampons Vibram n’ont évidemment pas bougé. Si vous avez ce modèle depuis plus longtemps, n’hésitez pas à laisser un retour en commentaire, ce sera utile à tout le monde.

 

Des points négatifs ?

La chaussure est flex et molle, avec peu de répondant. On a parfois l’impression de ne pas avoir grand-chose sous le pied. Cela peut être exactement ce que vous cherchez, et c’est très bien, mais personnellement j’aime les chaussures un peu plus caractérielles. L’évolution par rapport à la 6 est marquée. La 6, plus raide, je l’emmenais dans Belledonne sans problème, alors que je ne me vois pas faire ça avec la 7. Je crois que c’est un choix assumé de Hoka, peut-être pour revenir vers ce qu’était la Speedgoat avant la 6.

Speedgoat 7

Conclusion – Mon avis sur les Speedgoat 7

Pour moi, elle n’est pas à sa place dans le segment alpin, dynamique et technique. Elle se déforme trop et n’accroche pas assez pour cela. Je la vois bien plus comme une go-to shoe, c’est-à-dire une chaussure à tout faire, utilisable dans plein de contextes, sans spécialisation marquée. Et dans ce rôle, elle est plutôt réussie. Elle est confortable, moelleuse, pas trop lourde, avec un déroulé correct. Vous pouvez y faire du footing, des sorties longues et des séances d’intensité, je l’ai fait. Du 20 au 100 km, elle conviendra à ceux qui veulent une chaussure polyvalente sans recherche de répondant, et qui ne veulent pas multiplier les paires.

Gardez juste en tête qu’elle est très flexible et qu’elle se tord dans tous les sens. Si vous courez sur des terrains agressifs, elle va le sentir. Au-delà du 100 km, je suis plus réservé, car sa souplesse pourrait, à la longue, manquer un peu de soutien et faire travailler le pied. Sur un 80 km, je partirais avec sans hésiter, du moment qu’il n’est pas trop alpin et accidenté.

 

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La vidéo du test des Speedgoat 7

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