Après quelques années de disette, Scott fait un retour remarqué sur la scène des chaussures de trail. Avec la Kinabalu Trail sortie en début d’année, une chaussure légère et dynamique plébiscitée par les athlètes de la marque, dont Gautier Airiau qui l’a notamment chaussée sur la TDS, la marque a clairement montré qu’elle avait retrouvé son niveau. Mais voilà : tout le monde n’est pas Gautier Airiau, et tout le monde ne peut pas enchaîner des centaines de kilomètres d’ultra dans une chaussure aussi légère et exigeante.
C’est exactement là qu’intervient la Kinabalu Ultra. Scott a développé ce second modèle pour répondre à un besoin bien réel, qui est de disposer d’une chaussure taillée pour les longues distances et l’ultra-trail, avec davantage d’amorti et de confort, sans sacrifier le dynamisme qui caractérise la gamme. Tout est dans le nom.
J’ai mis mis une centaine de kilomètres à cette paire assez rapidement, dont une sortie de 45 km avec 2000 m de dénivelé en guise de baptême du feu sur le parcours de l’UTCAM. De quoi se faire une idée sérieuse.

Caractéristiques techniques des Kinabalu Ultra de Scott
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- Poids ➡️ 270 grammes en 42 homme (donnée constructeur), 310 grammes en 46.
- Hauteur du stack au talon ➡️ 40 mm.
- Hauteur du stack à l’avant-pied ➡️ 33 mm.
- Drop ➡️ 7 mm.
- Mesh ➡️ Tige Matryx® (mesh haute résistance renforcé de fils de Kevlar).
- Laçage ➡️ Lacets classiques plats.
- Semelle extérieure ➡️ Semelle extérieure Ultra Traction (gomme maison Scott), dotée de crampons de ?? (3,5 ou 4 mm selon moi). Trois formes de crampons, tous bi-directionnels (c.-à-d. orientés pour la montée ou la descente), en V sur les côtés, à l’avant et à l’arrière ; en lame plus au centre, partie extérieure ; en plot au centre, partie intérieure.
- Semelle intermédiaire (amorti) ➡️ Mousse supercritique Kinetic Nitrogen, EVA infusé à l’azote.
- Largeur du chaussant ➡️ Normal.
- Plaque ➡️ Non, résistance à la torsion modérée.
- Autres informations ➡️ Léger rocker perceptible à la course (Système ER3 (Evolved Rocker 3ème génération, plus contrôlant que la ER2 de la Kinabalu Trail). Languette rembourrée pour protéger des lacets. Rembourrage du collier. Contrefort légèrement coqué.
- Prix catalogue ➡️ 170€.
Un confort sobre mais efficace
Aucun inconfort à noter avec cette chaussure. Pas de zone qui fait mal, pas de point de pression, rien à signaler. Ce qui frappe, c’est que Scott n’a pas cherché à multiplier les structures de protection autour du pied. Contrairement à une Slab Ultra Glide 1.5 par exemple, qui est bardée de structures visant à amortir et protéger le pied de toutes parts, la Kinabalu Ultra joue la carte de la simplicité. On est sur le minimum syndical pour être bien dedans, et ce minimum est suffisant.
La mousse supercritique est vraiment très agréable sous le pied, probablement l’une des plus plaisantes testées ces derniers temps dans la catégorie ultra. Une petite précision quand même : il faut lui laisser le temps. Les premiers kilomètres, elle se montre un peu raide. Passé les 50 premiers km environ, elle se ramollit légèrement et trouve son équilibre, moelleuse sans être molle, confortable sans être avachie. Une évolution dans le bon sens, ce qui n’est franchement pas toujours le cas.
Un dynamisme surprenant
Le rocker est perceptible sans être exagéré. Moins prononcé que sur une MTL Adapt, mais l’effet est bien là et se fait apprécier sur le long, notamment quand on trottine en fin de course. Couplé à la mousse supercritique insufflée à l’azote, il donne à la chaussure un dynamisme assez remarquable pour une chaussure d’ultra.
C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus surpris. A ce jour, c’est la chaussure d’ultra la plus dynamique que j’ai testée. Plus dynamique qu’une Agility Peak 6, plus qu’une MTL Adapt, et largement plus qu’une Slab Ultra Glide 1.5 ou qu’une Asics Trabuco Max. La seule qui fait mieux, c’est la Cloud Ultra Pro, mais cette dernière est dans une catégorie à part. Elle est tellement exigeante que terminer un ultra avec elle reste une vraie question. Ce n’est pas le même outil. Dans la catégorie ultra au sens strict, la Kinabalu Ultra s’impose comme une référence en termes de dynamisme.

Un fit sans surprise
Le chaussant est normal, ni large ni étroit. Le pied ne flotte pas dedans, mais j’ai le pied fin et j’ai dû serrer un peu les lacets pour obtenir un bon maintien. Pour des pieds de largeur standard, ça devrait aller sans souci. En revanche, pour les pieds vraiment larges, ça risque d’être juste et il vaudra peut-être mieux se tourner vers un autre modèle.
Maintien et stabilité : le point de vigilance
À l’avant du pied, rien à signaler. C’est à l’arrière que j’aurais aimé un peu plus de maintien. Le coquage talon est présent mais reste léger. Il est solide en bas, et devient souple dès le milieu du contrefort. Pour une chaussure pensée pour l’ultra, j’aurais bien aimé qu’il soit un poil plus prononcé. On est loin d’un talon ultra mou comme sur une S/Lab Genesis, le maintien est quand même là, mais ce petit surplus de tenue derrière aurait été bienvenu.
En termes de stabilité, c’est similaire, il est globalement correct, mais on peut ressentir une légère instabilité latérale dans les terrains accidentés. Pour illustrer, sur le parcours de l’UTCAM, j’étais passé une semaine avant au même endroit avec une Agility Peak 6 sur une portion raide et caillouteuse à 30-35% de pente. La différence était perceptible, avec des appuis un peu moins sereins avec la Kinabalu Ultra. Rien de rédhibitoire, et sur la grande majorité des parcours d’ultra ce ne sera pas un problème. Mais sur des terrains vraiment engagés, ça mérite d’être gardé en tête.
Une bonne précision
Avec 40 mm de stack au talon et 23 mm à l’avant du pied, la Kinabalu Ultra n’est pas la chaussure la plus précise du marché. Mais c’est un constat qui vaut pour la quasi-totalité des chaussures d’ultra : la Slab Ultra Glide 1.5, la MTL Adapt sont dans le même cas. Ce n’est tout simplement pas ce qu’on leur demande. Rien de surprenant donc, et rien à reprocher à Scott sur ce point.

Accroche et adhérence
Sur l’accroche, pas grand chose à redire dans l’ensemble. Largement suffisante 90% du temps, sur les terrains classiques de trail et d’ultra elle fait le job sans qu’on se pose de question. On est loin d’une Trabuco Max dont l’accroche m’avait vraiment déçu.
Les limites apparaissent sur les terrains vraiment techniques et raides. Je l’ai vécue notamment sur une portion à 30-35% sur le parcours de l’UTCAM, caillouteuse et engagée, et un passage technique en Chartreuse. Dans ces deux cas, on sent que la chaussure manque un peu de mordant. Je précise quand même que j’ai un biais sur ce point : j’aime les chaussures qui mordent énormément, comme une Agility Peak 6 avec ses crampons de 5mm, et j’évolue souvent sur des terrains accidentés. Avec un profil de course différent ou sur des parcours moins engagés, ce défaut ne se manifestera probablement jamais.
Sur l’adhérence, impossible de vous donner un retour honnête, car je n’ai pas eu une goutte de pluie durant tout le test. Je pense qu’elle sera correcte, dans la lignée de la Kinabalu Trail, mais c’est à confirmer. Si vous avez pu la tester en conditions humides, les commentaires sont ouverts.
Des défauts ?
Honnêtement, il y en a peu. Scott frappe très fort avec ce modèle et c’est une excellente chaussure dans l’ensemble. Les seuls points que j’aurais aimé voir améliorés, on en a déjà parlé : un poil plus de maintien à l’arrière du pied, et des crampons un peu plus agressifs pour les terrains vraiment engagés. Mais ces deux points sont peut-être aussi liés à mes préférences personnelles et à mon terrain de jeu habituel. Pour beaucoup de coureurs et beaucoup de parcours, ils ne se poseront tout simplement pas.

Conclusion, mon avis sur la Kinabalu Ultra de Scott
La Scott Kinabalu Ultra propose un positionnement clair. C’est une chaussure taillée pour les longues distances et l’ultra-trail, avec un gros amorti, une mousse remarquable et un dynamisme surprenant pour la catégorie. Elle se distingue par la qualité de sa mousse supercritique Kinetic Nitrogen, son rocker agréable sur le long et un niveau de dynamisme qui la place au-dessus de la concurrence dans son registre.
En termes d’utilisation, le profil cible se dessine assez naturellement. Des coureurs qui enchaînent les trails longs et les ultras sur des parcours variés, pas forcément ultra-techniques, et qui cherchent une chaussure confortable, dynamique et durable pour avaler les kilomètres sans se poser de questions. La seule réserve concerne les parcours vraiment accidentés et engagés, où un modèle plus stable et plus agressif en termes d’accroche sera préférable.
Au final, la Kinabalu Ultra est une chaussure cohérente et très aboutie, et le retour de Scott sur ce segment fait vraiment plaisir. À condition de bien cerner son terrain de jeu, elle a tout pour devenir une référence sur les longues distances.
Se procurer les Kinabalu Ultra de Scott
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La vidéo du test des Kinabalu Ultra











