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Interview de Manon Bohard – En route vers la Hardrock !

Dans cet épisode du podcast Courir Mieux, on part à la rencontre de Manon Bohard, l’une des figures les plus attachantes et impressionnantes de l’ultra-trail français. Vainqueure de la TDS en 2021 et de la Diagonale des Fous en 2024, elle s’est imposée comme une référence du circuit tout en continuant de mener une carrière professionnelle en tant que diététicienne-nutritionniste à Besançon.

Entre son métier, son engagement pour la santé mentale et physique, et sa passion profonde pour la montagne, Manon nous partage avec une grande sincérité son rapport au sport, ses blessures, ses doutes, ses plus beaux souvenirs… et ses objectifs futurs.

Une vie d’équilibres et de passions

Au fil de notre discussion, on comprend vite que Manon ne se résume pas à une simple liste de performances. Diététicienne spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire, passionnée par la physiologie, la santé mentale et la nature, elle jongle depuis des années entre une carrière professionnelle exigeante et un haut niveau sportif.

Mais en 2024, après des années à cumuler entraînement, consultations et gestion de son auto-entreprise, elle décide de ralentir côté pro : “Ce n’est pas pour m’entraîner plus, mais pour récupérer mieux.” Le haut niveau, dit-elle, demande aussi de savoir lever le pied ailleurs. Et ce choix d’écoute d’elle-même, elle l’assume pleinement.

Manon Bohard, de la TDS à la Diag’

Avec 42 courses référencées et 31 podiums, Manon affiche une régularité impressionnante. Parmi ses grandes dates : une victoire sur la TDS en 2021 qui la propulse parmi les meilleures, un titre de championne du monde par équipe en 2023, et surtout une victoire mémorable à la Diagonale des Fous en 2024, à l’issue de plus de 31 heures d’effort.

“Ce que je vais chercher en ultra, c’est ce lien très fort à la nature. Quand tu passes une nuit dehors, puis une autre, tes sens sont décuplés. Tu vis des choses que tu ne vis nulle part ailleurs.”

Et pourtant, ce sont souvent les moments partagés qu’elle place tout en haut de sa liste : “La victoire collective aux Mondiaux à Innsbruck, c’est une émotion que j’ai rarement vécue. J’avais l’impression de partir en mission.”

Objectif Hardrock

Pour 2025, l’objectif est clair : la Hardrock 100. Une course emblématique, technique, en haute altitude, et un véritable terrain d’exploration intérieure pour Manon, qui aime se confronter à ses limites physiques et mentales. Même si elle confie encore manquer un peu de robustesse au-delà des 140 km, l’envie d’y aller est intacte.

Et pour s’y préparer, elle continue de s’appuyer sur son entraîneur Philippe Monnier-Benoit, en travaillant avec sérieux mais sans rigidité : du volume (jusqu’à 12 séances par semaine), de la vitesse (beaucoup de travail de seuil, peu de piste), de la musculation (en période hivernale), et surtout une grande écoute de ses sensations. “Je cours tous les jours parce que j’aime ça. Pas parce que j’ai un dossard.”

Extraits de l’interview de Manon Bohard

3 questions clés pour Manon

  1. Pourquoi as-tu choisi de réduire ton activité professionnelle en 2024 ? « Depuis des années, je cumulais entraînements intensifs, travail salarié et activité indépendante. C’était trop, physiquement et mentalement. J’ai compris que pour progresser durablement en ultra-trail, mieux récupérer était indispensable. Lever le pied professionnellement m’a permis de préserver ma santé, d’être plus à l’écoute de mes sensations et de retrouver de la fraîcheur dans mes entraînements. »
  2. Quel type d’entraînement privilégies-tu pour préparer un ultra comme la Hardrock ? « Je privilégie surtout les séances longues en montagne et beaucoup de travail spécifique au seuil, notamment sur des terrains techniques et vallonnés. Je fais aussi de la musculation en hiver pour renforcer mon corps et prévenir les blessures. Je ne suis pas fan des séances très structurées sur piste, alors je mise beaucoup sur la variété des parcours et des sensations naturelles plutôt que sur les données chiffrées. »
  3. Quel est le souvenir sportif le plus fort de ta carrière ? « La victoire collective aux Championnats du monde à Innsbruck reste unique pour moi. Ce moment partagé avec l’équipe, la solidarité, la sensation de courir pour quelque chose de plus grand que soi : tout était là pour marquer ma mémoire. J’avais vraiment l’impression d’être en mission pour les autres, et c’est précisément cette dimension collective rare en trail qui en fait mon plus beau souvenir sportif. »

 

Les chaussures de Manon Bohard

L’alimentation de Manon Bohard

Interview de Manon Bohard – Podcast vidéo

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