Vous vous demandez comment sont utilisés les différents substrats énergétiques comme les lipides et les glucides en fonction du sexe ? Cet article est pour vous !
Dans les discussions sur l’entraînement en endurance, une idée revient fréquemment : les femmes seraient métaboliquement mieux adaptées aux efforts prolongés parce qu’elles utiliseraient davantage les graisses comme source d’énergie. Cette affirmation repose sur des observations scientifiques bien réelles. Pourtant, dès que l’on examine plus finement les mécanismes physiologiques et les conditions expérimentales dans lesquelles ces résultats ont été obtenus, cette vision apparaît nettement plus nuancée.
La question n’est donc pas simplement de savoir si des différences existent, mais plutôt de comprendre dans quelles conditions elles apparaissent, quelle est leur ampleur réelle et, surtout, dans quelle mesure elles sont pertinentes pour les situations concrètes d’entraînement et de compétition.
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Lipolyse, β-oxydation et fat oxidation : des notions distinctes
Avant d’interpréter ces différences, il est essentiel de revenir aux bases du métabolisme lipidique, car plusieurs notions sont souvent confondues.
La lipolyse correspond à la mobilisation des réserves lipidiques, c’est-à-dire à l’hydrolyse des triglycérides en acides gras libres et en glycérol. Ce processus est fortement régulé par l’environnement hormonal, les catécholamines le stimulant alors que l’insuline l’inhibe (Horowitz & Klein, 2000). Une fois libérés, les acides gras sont transportés vers le muscle, où ils peuvent être utilisés comme substrats énergétiques.
Cette utilisation repose sur la β-oxydation, un processus mitochondrial au cours duquel les acides gras sont dégradés en unités d’acétyl-CoA, produisant également du NADH et du FADH₂. Ces molécules alimentent ensuite le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire, permettant la synthèse d’ATP nécessaire à la contraction musculaire (Nelson & Cox, 2021).
Le terme fat oxidation désigne l’ensemble de cette chaîne, depuis la mobilisation des lipides jusqu’à leur oxydation complète. Cette distinction est importante, car les différences physiologiques entre individus ou entre sexes peuvent se manifester à différents niveaux de ce processus et non uniquement au stade final de production d’énergie.
Ce que montrent les études classiques : une différence réelle mais modérée
Les travaux historiques, notamment ceux synthétisés par Tarnopolsky (2001, 2008), convergent vers une observation relativement cohérente. Lors d’un exercice d’endurance réalisé à intensité modérée, typiquement autour de 60 à 65 % du VO₂max, les femmes présentent en moyenne un RER légèrement plus bas, ce qui traduit une contribution lipidique plus élevée et une contribution glucidique plus faible à la production d’énergie.
Sur le plan quantitatif, cette différence correspond généralement à un écart d’environ cinq à dix points de pourcentage en faveur des lipides chez les femmes, avec une réduction équivalente de la contribution des glucides. Il s’agit donc d’une différence physiologique réelle, mais dont l’ampleur reste modérée.
L’éclairage des méta-analyses : une taille d’effet dépendante du niveau d’entraînement
Les synthèses récentes permettent de préciser cette observation en la quantifiant. La méta-analyse de Cano et al. (2021) montre que la différence d’oxydation lipidique entre hommes et femmes correspond à une taille d’effet standardisée d’environ −0,77 chez les individus sédentaires ou modérément entraînés. Dans l’interprétation classique des tailles d’effet, une valeur de cet ordre correspond à un effet modéré à relativement important.
Cependant, ce résultat change radicalement lorsque l’on considère des populations entraînées. Dans ce cas, la taille d’effet devient triviale, autour de 0,06, et n’est plus statistiquement significative. Autrement dit, chez les athlètes, les différences métaboliques entre hommes et femmes deviennent extrêmement faibles.
Ce point est central, car il montre que ces différences ne constituent pas une propriété fixe liée au sexe biologique, mais qu’elles dépendent fortement du niveau d’entraînement et, plus largement, du contexte physiologique.
Les traileuses doivent-elles s’entraîner différemment ? 2/10 – FEMMES en endurance utilisent-elles vraiment PLUS de LIPIDES que les HOMMES ?
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Références
Frayn, K. N. (1983). Calculation of substrate oxidation rates in vivo from gaseous exchange. Journal of Applied Physiology, 55(2), 628–634.
Horowitz, J. F., & Klein, S. (2000). Lipid metabolism during endurance exercise. American Journal of Clinical Nutrition, 72, 558S–563S.
Nelson, D. L., & Cox, M. M. (2021). Lehninger Principles of Biochemistry. W.H. Freeman.
Tarnopolsky, M. A. (2001). Sex differences in carbohydrate metabolism during exercise. Exercise and Sport Sciences Reviews.
Tarnopolsky, M. A. (2008). Sex differences in exercise metabolism and the role of 17-β estradiol. Medicine & Science in Sports & Exercise.
Wallis, G. A., Dawson, R., Achten, J., Webber, J., & Jeukendrup, A. E. (2006). Metabolic response to carbohydrate ingestion during exercise in males and females. American Journal of Physiology – Endocrinology and Metabolism, 290.





