Test Scott Kinabalu Trail – Confortable et dynamique, mais durable ?

Temps de lecture estimé : 6 minutes

Vous cherchez un test des Kinabalu Trail de Scoot ? Cet article est pour vous !

Kinabalu Scott

La gamme trail de Scott s’est progressivement étoffée ces dernières années, avec plusieurs modèles comme la Supertrac, les versions Ultra ou encore l’Ultra Carbon. Une offre relativement large, mais que je connais encore assez peu dans le détail, n’ayant testé jusqu’ici qu’un nombre limité de modèles de la marque.

Ce qui est intéressant en revanche, c’est le tournant amorcé récemment avec l’arrivée de deux nouvelles références : la Kinabalu Ultra et la Kinabalu Trail. Deux modèles qui semblent marquer une évolution dans l’approche de Scott, avec une volonté de proposer des chaussures plus accessibles, plus polyvalentes, et davantage en phase avec les standards actuels du trail. C’est justement la Kinabalu Trail que je vous propose de décortiquer aujourd’hui !

Caractéristiques techniques des Kinabalu Trail de Scott

  • Poids ➡️ 250 grammes en 42 homme, environ 310 grammes en 46 (pesés par mes soins).
  • Hauteur du stack au talon ➡️ 33 mm.
  • Hauteur du stack à l’avant-pied ➡️ 27 mm
  • Drop ➡️ 6 mm.
  • Mesh ➡️ Mesh synthétique filet Ripstop (donc résistant à l’abrasion).
  • Laçage ➡️ Lacets classiques plats.
  • Semelle extérieure ➡️ Traction Scott avec des crampons de 4 mm (je crois, information difficile à trouver). Deux formes différentes (en V et en lame) et bidirectionnels.
  • Semelle intermédiaire (amorti) ➡️ Mousse Kinetic Fusion, propriétaire de la marque. Mélange d’EVA et de PEBAX (mousse super-critique nouvelle génération).
  • Largeur du chaussant ➡️ Normal.
  • Plaque ➡️ Aucune.
  • Autres informations ➡️ Rocker prononcé. Peu résistant à la torsion longitudinale et transversale. Talon semi-coqué et collier légèrement rembourré. Structure amortissante sous la languette. Élastique de maintien de la languette au pied.
  • Prix catalogue ➡️ 150€.

 

Un confort évolutif

Le confort global de la Kinabalu Trail est bien présent, mais il repose sur un équilibre assez particulier. Autour du pied, la chaussure reste relativement minimaliste, le mesh en ripstop, peu déformable, n’est pas associé à beaucoup de structures destinées à adoucir le contact, ce qui donne une sensation plus ferme que sur des modèles plus rembourrés. Cela reste toutefois confortable dans les conditions de test, sans point de gêne notable sur des sorties allant jusqu’à quatre heures.

Sous le pied, le confort se caractérise par son évolution dans le temps. Les premières sorties, sur les 20 à 30 premiers kilomètres, sont marquées par une sensation très prononcée de moelleux et de rebond, avec un amorti généreux, presque enveloppant. Cette impression diminue ensuite assez rapidement pour laisser place à quelque chose de plus modéré. La chaussure ne devient pas inconfortable pour autant, mais on passe d’un ressenti très marqué à un amorti simplement confortable et moelleux, avec une sensation plus proche du sol et davantage de feedbacks. Elle reste néanmoins clairement dans la catégorie des amortis moelleux, avec une vraie sensation de coussin sous le pied.

 

Dynamisme

Le dynamisme de la Kinabalu Trail repose sur une combinaison assez claire entre la mousse et la géométrie de la chaussure. Dès les premières sorties, la sensation de rebond est très marquée, directement liée à la mousse, avec un retour d’énergie franc et facilement perceptible à chaque foulée. Comme pour le confort, cette sensation évolue assez rapidement. Très rebondissante au début, la chaussure devient ensuite simplement rebondissante, avec une intensité un peu moins marquée, sans pour autant perdre totalement en dynamisme.

Ce dynamisme ne repose pas uniquement sur la mousse. Le rocker, lui, reste constant dans le temps et joue un rôle central dans la sensation globale. Sans être particulièrement extrême, il est suffisamment prononcé pour être clairement perceptible. On ressent ce côté déroulé de la foulée facilité, avec une transition vers l’avant fluide et naturelle qui participe activement à l’efficacité de la chaussure à l’effort.

La présence du rocker permet de conserver une sensation dynamique cohérente, davantage orientée vers des allures actives que vers une utilisation purement confortable, même si le rebond diminue après les premiers kilomètres,

Kinabalu Trail Scott

Maintien et stabilité convaincants

Le maintien proposé par la Kinabalu Trail est globalement convaincant, avec une construction qui sécurise le pied sans tomber dans l’excès de structure. Quant au chaussant, il reste assez classique, avec un fit que je qualifierais de normal, permettant d’obtenir un serrage précis sans difficulté particulière, sans sensation de flotter à l’intérieur de la chaussure. Le talon semi-coqué apporte un verrouillage arrière efficace, perceptible notamment sur terrains techniques où le pied reste bien en place. À l’avant le mesh participe directement à cette sensation de maintien en limitant les mouvements parasites. L’ensemble donne une chaussure bien tenue, homogène entre l’arrière et l’avant du pied.

En parallèle, la stabilité est plutôt bien maîtrisée pour une chaussure de ce type. Le stack reste modéré, autour de 33 mm, et donne une sensation de proximité avec le sol, d’autant plus marquée que la mousse semble légèrement se tasser à l’usage. Cela contribue à une impression globale de stabilité, sans moments d’instabilité notables lors du test. En revanche, la chaussure reste assez souple en torsion, ce qui peut se traduire par une certaine déformation lorsque le terrain devient plus technique. Dans ces situations, un peu plus de rigidité aurait sans doute apporté un surplus de sécurité. On est donc sur une chaussure stable dans l’ensemble, mais avec une souplesse qui se fait sentir dans les appuis les plus exigeants.

Un fit standard

Il s’inscrit dans quelque chose de relativement standard. On n’est ni sur un chaussant particulièrement étroit, ni sur une forme large, mais sur un volume intermédiaire qui devrait convenir à la majorité des pieds. Dans mon cas, avec un pied plutôt fin, j’ai dû ajuster le serrage sans pour autant atteindre les limites du système de laçage, ce qui confirme ce positionnement assez neutre.

Cette construction, associée au mesh, donne une chaussure qui épouse correctement le pied une fois ajustée, avec peu d’élasticité et donc peu de variation dans le maintien au fil de la sortie. Le volume interne reste cohérent, sans excès d’espace, ce qui participe à la précision globale sans créer de points de pression particuliers.

Kinabalu Trail Scott

Une précisions cohérente

L’accroche est l’un de ses points forts. La semelle extérieure, avec ses crampons d’environ 4 mm et un dessin assez travaillé, assure une traction efficace aussi bien à la montée qu’à la descente. Visuellement, le nombre de crampons reste relativement limité, ce qui pouvait laisser planer un doute, mais à l’usage, l’efficacité est bien au rendez-vous. C’est d’ailleurs quelque chose que Scott met régulièrement en avant, et que l’on retrouve ici : cette capacité à « mordre » le terrain, qui fait partie de l’ADN de la marque, est clairement perceptible.

Malgré la zone évidée sous la voûte plantaire, qui pouvait interroger sur le papier, la traction reste homogène et suffisante, y compris sur des terrains un peu fuyants comme des gravillons ou des surfaces sèches instables.

En termes d’adhérence, le constat est également positif. Les conditions de test n’ont pas été particulièrement humides, ce qui limite un peu le recul, mais sur les quelques passages sur roches ou éléments mouillés, je n’ai pas rencontré de problème de glissade. Sans être une révolution, c’est une bonne surprise, avec un grip fiable qui permet d’utiliser la chaussure en confiance dans la majorité des situations rencontrées.

 

Des défauts ?

La Kinabalu Trail présente quelques points à avoir en tête avant de s’y orienter, plus que de véritables défauts. Le principal concerne l’évolution de la mousse dans le temps. Le changement entre les premières sorties et les suivantes est assez marqué, avec un tassage perceptible dès les 20 à 30 premiers kilomètres. On passe ainsi d’une chaussure qui, au début, peut se rapprocher dans ses sensations d’une Cloud Ultra, avec un amorti généreux, compatible avec des formats longs autour de 70–80 km, à quelque chose de plus bas, plus proche du sol, avec un amorti plus modéré. La chaussure se situe alors davantage entre une Long Sky 2 et une Cloud Ultra Pro en termes de ressenti, ce qui la rend, dans mon cas, plus adaptée à des formats de l’ordre de 40 à 50 km. Cela reste évidemment très individuel, certains athlètes, comme Gautier Airiau, ont pu l’emmener sur des formats bien plus longs, mais c’est un point à considérer dans le choix du modèle. À noter d’ailleurs qu’elle affiche un poids similaire à une Cloud Ultra Pro, mais sans plaque, ce qui participe aussi à cette différence de comportement à l’usage.

Autre élément à garder en tête, la souplesse en torsion. Si elle contribue au confort et à la tolérance globale, elle peut devenir une limite sur les terrains très techniques, où un peu plus de rigidité aurait apporté davantage de précision et de sécurité dans les appuis.

Enfin, le positionnement même de la chaussure implique certains compromis. On est sur un modèle orienté performance, relativement proche du sol, avec un amorti moelleux mais non maximal et un confort autour du pied assez épuré. Cela en fait une chaussure efficace, mais qui pourra paraître moins adaptée à ceux qui recherchent avant tout du confort et de la protection sur les très longues distances.

Kinabalu Trail

Conclusion, mon avis sur la Kinabalu Trail de Scott

La Scott Kinabalu Trail propose un positionnement assez clair : une chaussure dynamique, qui accroche et relativement légère, pensée pour des terrains variés et engagés, avec une orientation performance assumée. Elle se distingue par la qualité de son accroche, son déroulé de foulée fluide grâce au rocker, et un compromis intéressant entre confort et sensations terrain.

En termes d’utilisation, deux profils se dessinent assez clairement. D’un côté, des coureurs à la recherche de performance sur ultra, prêts à utiliser une chaussure relativement légère, dynamique et avec de l’accroche, en acceptant certains compromis sur l’amorti. De l’autre, des traileurs orientés performance sur des formats plus courts, entre 30 et 70 kilomètres, qui cherchent une chaussure réactive, efficace, capable de répondre à des allures engagées, quitte là aussi à sacrifier une partie du confort au profit du dynamisme.

Au final, la Kinabalu Trail est une chaussure cohérente et aboutie dans son registre, à condition de bien comprendre son positionnement : un modèle tourné vers la performance, plus que vers le confort maximal, et qui trouvera pleinement sa place entre les pieds de coureurs actifs, en quête d’efficacité sur le terrain.

 

Se procurer les Kinabalu Trail de Scott

 

La vidéo du test des Kinabalu Trail

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