S/LAB Phantasm 3 : un bijou technologique, mais pour qui ?

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Vous cherchez un test des S/LAB Phantasm 3 de Salomon ? Cet article est pour vous ! 

S/LAB Phantasm 3

On se retrouve pour ce test et mes retours sur la Salomon S/Lab Phantasm 3, une chaussure de route clairement pensée pour aller vite, que ce soit sur semi-marathon, marathon ou sur des formats plus courts comme le 10 km. 

Je ne suis pas un énorme utilisateur de chaussures de route au quotidien. Mon terrain de jeu reste surtout le trail, mais il m’arrive régulièrement d’utiliser ce type de modèles pour des séances rapides à plat, notamment lorsque je travaille la vitesse ou certaines intensités spécifiques. Et surtout, je connais très bien la S/Lab Phantasm 2, que j’ai portée assez régulièrement et avec laquelle j’ai accumulé pas mal de kilomètres.

C’est aussi pour cette raison que j’étais particulièrement curieux de découvrir cette S/Lab Phantasm 3. Salomon présente cette nouvelle version comme une évolution très poussée, avec un développement fortement ancré dans des considérations scientifiques et technologiques autour de la performance. J’avais donc envie de voir jusqu’où la marque avait poussé la logique, et surtout ce que cela donnait concrètement une fois la chaussure aux pieds.

Je préfère être clair dès le début : la Phantasm 3 n’est pas une chaussure polyvalente. C’est un modèle qui vise un usage très spécifique, avec une logique très marquée d’optimisation de la performance sur route, dans un contexte où chaque détail du matériel peut compter.

Dans mon esprit, cette chaussure s’adresse avant tout à des coureurs et des coureuses qui cherchent à performer sur des formats comme le semi-marathon ou le marathon. Pour en tirer pleinement parti, il faut être capable de contrôler une chaussure très réactive, ce qui suppose une certaine maîtrise technique de la foulée. Cela implique aussi d’être en mesure de courir vite de manière stable et répétée pendant longtemps, car c’est dans ce type de contexte que ce genre de modèle prend réellement du sens.

Le concept de la S/LAB Phantasm 3

Le développement de la S/Lab Phantasm 3 repose sur deux axes principaux : travailler l’aérodynamisme et réduire au maximum la masse de la chaussure. L’idée est assez simple : optimiser tout ce qui peut améliorer l’efficacité de la foulée lorsque l’on court à haute vitesse.

La réflexion autour de l’aérodynamisme part d’un constat logique. À mesure que la vitesse augmente, la résistance de l’air prend de l’importance, et le pied constitue une masse située en bout de chaîne qui oscille rapidement à chaque foulée. Salomon a donc cherché à améliorer l’aérodynamisme de cette zone en travaillant directement sur la forme et la construction de la chaussure.

Concrètement, cela se traduit par une géométrie particulière de la semelle avec une construction légèrement en forme de V : l’avant du pied est relativement large tandis que l’arrière de la chaussure est plus affiné. La tige intègre également une guêtre qui recouvre les lacets, ce qui permet de lisser la surface de la chaussure et de limiter les aspérités susceptibles de perturber l’écoulement de l’air.

Dans la pratique, ce type d’optimisation reste difficile à percevoir directement lorsque l’on court. Je n’ai pas ressenti de sensation particulière liée à l’aérodynamisme, ce qui est assez logique. Si un effet existe, il est probablement subtil et se mesure davantage dans des conditions expérimentales que dans les sensations sur le terrain.

En revanche, il y a un élément qui se remarque immédiatement : le poids extrêmement faible de la chaussure. La Phantasm 3 est annoncée à 199 g en pointure 42 (la chaussure). Dans ma pointure, en 46,5, la paire que j’ai testée se situe autour de 204 à 205 g la chaussure. À titre de comparaison, la S/Lab Phantasm 2 que j’utilise habituellement tourne plutôt autour de 243 à 245 g dans cette même pointure.

On se retrouve donc avec environ 40 g de moins par chaussure, ce qui n’est pas anodin. Dès les premières foulées, c’est probablement la caractéristique la plus marquante du modèle.

Caractéristiques techniques des S/LAB Phantasm 3 de Salomon

  • Poids ➡️ 199 grammes en 42 homme, et environ 204 grammes en 46 (pesés par mes soins).
  • Hauteur du stack au talon ➡️ 39 mm.
  • Hauteur du stack à l’avant-pied ➡️ 33 mm
  • Drop ➡️ 6 mm.
  • Mesh ➡️ Tige aérodynamique avec guêtre (cache-cœur) couvrant les lacets, conçue pour réduire la résistance à l’air
  • Laçage ➡️ Lacets crantés.
  • Semelle extérieure ➡️ ROAD CONTAGRIP.
  • Semelle intermédiaire (amorti) ➡️ Mouse optiFOAM+ de la marque (PEBA supercritique et EVA)
  • Largeur du chaussant ➡️ Fin.
  • Plaque ➡️ Oui, Energy Blade Carbone.
  • Autres informations ➡️ Design aérodynamique testé en soufflerie avec Swiss Side, respect de la limite de stack de hauteur de stack imposé par World Athletics.
  • Prix catalogue ➡️ 280€.

Les conditions du test de la S/LAB Phantasm 3

J’ai réalisé cinq séances avec la Phantasm 3, principalement sur route et sur bitume. J’ai cherché à l’utiliser dans des contextes où ce type de chaussure est censé s’exprimer, c’est-à-dire sur des allures relativement élevées.

La plupart des séances se situaient autour de mon allure seuil, que j’estime aux alentours de 16 km/h, soit environ 3’45/km. J’ai également effectué plusieurs fractions proches de ma VMA, voire légèrement au-dessus, ce qui correspond chez moi à des allures proches de 20 km/h, autour de 3’00/km.

Je n’ai pas de piste d’athlétisme à proximité de chez moi, donc ces séances ont été réalisées sur de longues portions asphaltées assez plates, essentiellement des lignes droites. Une des sorties s’est déroulée sous la pluie, ce qui m’a également permis d’avoir un premier retour sur le comportement de la semelle lorsque la route est humide.

 

Sensations générales

Sous le pied, la sensation est immédiatement très agréable. La mousse est particulièrement moelleuse, avec un toucher souple et un rebond très présent dès les premières foulées. On retrouve clairement les caractéristiques des mousses modernes en PEBA, avec une impression de confort et d’élasticité qui se perçoit facilement lorsque l’on court.

Au-dessus du pied, l’approche est très différente. La construction de la tige est clairement pensée dans une logique “race day”, avec un minimum de matière et très peu d’éléments dédiés au confort. Il n’y a quasiment pas de rembourrage, ni sous la languette ni autour du pied, et la tige se contente essentiellement d’assurer le maintien sans ajouter de poids inutile, et le contact avec la tige peut paraître assez brut au premier abord.

S/LAB Phantasm 3

Un comportement qui change complètement selon l’allure

Aux allures lentes, typiquement sur échauffement ou sur footing, je l’ai trouvée assez particulière à utiliser. L’arrière du pied est très compliant, avec une sensation presque “vide” sous le talon, ce qui donne une impression de mollesse lorsque l’on pose le pied tranquillement. Dans ce contexte, la chaussure m’a semblé moins stable, et globalement moins agréable tant que je restais sur des allures faciles.

Je suis plutôt un coureur qui attaque talon lorsque je cours lentement, et je pense que cela joue beaucoup dans ce ressenti. À ces vitesses, je n’ai pas vraiment l’impression d’exploiter les éléments clés de la chaussure, comme la plaque carbone, le rocker très marqué ou encore le rebond de la mousse. Tout cela semble rester en arrière-plan tant que l’allure ne monte pas.

À tel point que, sur certaines séances de fractionné, je me suis presque dit qu’il serait peut-être pertinent de faire l’échauffement avec une autre paire, puis d’enfiler la Phantasm 3 uniquement au moment de commencer les fractions.

En revanche, dès que l’allure augmente, le comportement de la chaussure change nettement. La foulée devient plus fluide, la propulsion se fait sentir et le rebond de la mousse prend beaucoup plus de sens. L’impression d’instabilité que je pouvais ressentir à basse vitesse disparaît en grande partie, et la chaussure devient beaucoup plus cohérente.

Dynamisme et propulsion

La Phantasm 3 est une chaussure très dynamique, et de mon côté je la trouve même encore plus réactive que la Phantasm 2. Dès que l’allure augmente, le rebond devient très présent et la sensation de renvoi d’énergie est particulièrement marquée. Les premières séances peuvent d’ailleurs être un peu surprenantes, tant la chaussure donne l’impression de vouloir repartir rapidement vers l’avant.

Cette sensation vient probablement de la combinaison entre la mousse en PEBA, la plaque carbone et le rocker très prononcé. L’ensemble crée une mécanique assez efficace lorsque l’on court vite, avec une chaussure qui renvoie clairement de l’énergie à chaque foulée. Dans ces conditions, le comportement devient presque ludique, avec une sensation de dynamisme qui accompagne naturellement la foulée.

Le rocker joue aussi un rôle important dans ce ressenti. La bascule vers l’avant est très nette, ce qui donne l’impression que la chaussure facilite la transition et encourage à maintenir une foulée rapide.

En revanche, ce niveau de dynamisme a aussi une contrepartie. Il faut être capable de contrôler ce que la chaussure renvoie, car ce comportement très réactif demande un minimum de maîtrise technique pour rester efficace et stable.

S/LAB Phantasm 3

Stabilité et contrôle

Avec son stack élevé, son contrefort arrière très souple et son comportement très réactif, la Phantasm 3 n’est pas une chaussure particulièrement tolérante. J’ai rapidement eu le sentiment qu’elle demandait un certain niveau de maîtrise, notamment au niveau du pied et de la stabilité de la foulée.

À plusieurs reprises, j’ai ressenti une sollicitation assez nette des muscles stabilisateurs du pied et de la cheville, en particulier du côté des fibulaires. Cela ne m’a pas posé de problème particulier sur les séances que j’ai réalisées, mais la sensation était suffisamment présente pour me faire dire que ce n’est pas une chaussure facile à utiliser. Elle demande un minimum de force et de contrôle, surtout lorsque la fatigue commence à apparaître.

J’ai également été un peu plus attentif dans les changements de direction rapides. Lorsqu’il faut tourner assez brusquement, par exemple sur des angles droits, on sent que la chaussure est haute et très dynamique. Je ne suis pas certain que ce soit le modèle le plus agréable sur une piste très serrée ou sur des virages courts. À mes yeux, son terrain de jeu reste surtout les lignes droites et les trajectoires propres.

Un confort pensé pour la performance

Sur la question du confort, la S/Lab Phantasm 3 adopte une approche assez radicale, qui correspond bien à sa philosophie de chaussure de performance. Tout dans sa conception semble orienté vers l’efficacité et la réduction du poids, parfois au détriment du confort “classique” que l’on peut retrouver sur d’autres modèles plus polyvalents.

Sous le pied, en revanche, la sensation est très agréable. La mousse est particulièrement souple et moelleuse, avec un toucher très doux dès les premières foulées. On retrouve ce que l’on attend aujourd’hui d’une mousse moderne en PEBA : un amorti confortable associé à un rebond très marqué. Sur les allures rapides, cette combinaison fonctionne très bien et participe largement aux sensations dynamiques de la chaussure.

Au niveau de la tige, l’approche est beaucoup plus minimaliste. Il y a très peu de rembourrage et la chaussure cherche avant tout à maintenir le pied avec le moins de matière possible. La languette n’apporte quasiment pas de protection supplémentaire et la tige se contente de faire le strict nécessaire pour maintenir le pied en place. Le contrefort arrière est lui aussi très souple, ce qui limite la structure autour du talon.

S/LAB Phantasm 3

Une adhérence satisfaisante

La semelle extérieure a été légèrement modifiée par rapport à la Phantasm 2, avec une réduction de certaines zones de gomme. J’avais donc un petit doute concernant l’adhérence, notamment sur route mouillée.

J’ai eu l’occasion de courir une séance sous la pluie, et le comportement m’a finalement semblé assez rassurant. Je ne me suis pas fait peur et je n’ai pas eu de sensation de glissade particulière. Je ne dirais pas que c’est un modèle conçu pour rechercher une adhérence maximale, mais dans un usage classique sur route, cela m’a semblé tout à fait satisfaisant.

Pour quelle utilisation ?

À mon sens, la Phantasm 3 prend vraiment tout son sens dans deux contextes assez précis.

Le premier concerne les coureurs qui cherchent à performer sur route, notamment sur semi-marathon ou marathon. Pour exploiter pleinement ce type de chaussure, il faut être capable de maintenir une allure élevée sur la durée tout en gardant une foulée stable et efficace. Plus le niveau est élevé, plus la logique de ce modèle devient cohérente. J’aurais tendance à dire que les profils capables de courir un marathon sous les trois heures, voire autour des 2 h 45, sont probablement ceux qui pourront en tirer le meilleur.

Le second usage, qui me semble très pertinent également, concerne l’entraînement. Sur des séances rapides comme du tempo, du seuil ou du fractionné à plat, la chaussure est vraiment plaisante à utiliser. Dans ce contexte, je me suis clairement amusé avec ce modèle, qui apporte beaucoup de dynamisme lorsque l’on cherche à mettre de la vitesse.

En revanche, si vous n’êtes pas dans ces profils, il peut être intéressant de regarder du côté de la Phantasm 2. Elle reste très performante, tout en étant à mon sens un peu moins exigeante à contrôler.

D’ailleurs, si je devais courir un marathon demain avec mon niveau actuel, je ne suis pas certain de choisir la Phantasm 3. Non pas parce qu’elle manque de qualités, mais simplement parce que je ne suis pas sûr d’avoir la vitesse et la stabilité nécessaires pour profiter pleinement de son potentiel sur toute la durée d’une course.

S/LAB Phantasm 3

Conclusion – Mon avis sur les S/LAB Phantasm

La Salomon S/Lab Phantasm 3 est une chaussure de route qui pousse très loin la logique des modèles de compétition. Tout dans sa conception semble orienté vers la performance pure : un poids extrêmement bas, un dynamisme très marqué, un rocker prononcé et une construction volontairement minimaliste.

Ce qui m’a le plus marqué à l’usage, c’est d’abord la légèreté de la chaussure, qui se ressent immédiatement dès les premières foulées. J’ai aussi été frappé par la manière dont son comportement change selon l’allure. Lorsque l’on court lentement, elle peut paraître un peu déroutante. En revanche, dès que la vitesse augmente, la mécanique de la chaussure devient beaucoup plus cohérente et le dynamisme s’exprime pleinement.

En contrepartie, il faut accepter que ce ne soit pas une chaussure faite pour tout faire. Elle demande du contrôle, une foulée stable et un certain niveau de vitesse pour être vraiment exploitée.

Si vous cherchez une paire confortable pour courir tranquillement, enchaîner les kilomètres à allure facile ou simplement vous entraîner sans contrainte particulière, ce ne sera probablement pas le modèle le plus adapté. En revanche, si votre objectif est d’aller vite sur route et que vous avez les qualités pour maîtriser ce type de chaussure, la Phantasm 3 devient alors un outil très cohérent pour la performance.

Se procurer les S/LAB Phantasm 3 de Salomon

 

La vidéo du test des S/LAB Phantasm 3

 

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